Ordre des Frères Mineurs Capucins

Article 8

De la manière de travailler

Sur ce qu’il est porté dans la même Règle, que les Frères, à qui le Seigneur a fait la grâce de s’occuper au travail, le faisant avec fidélité et avec dévotion ; en sorte qu’évitant l’oisiveté qui est pernicieuse à l’âme, ils n’éteignent point l’esprit de la sainte Oraison et de la dévotion ; il s’est quelquefois trouvé des gens qui les ont malicieusement accusés de transgresser leur Règle en ce point, et de mener une vie oisive.

Nous déclarons pour mettre fin à des calomnies si noires, qu’à bien examiner les paroles et le tour dont l’Auteur de la Règle se sert pour porter ses Frères à travailler, il ne paraît pas que son intention ait été d’assujettir au travail des mains ceux qui vaquent à l’étude, aux Services et aux Ministères Divins ; puisqu’on voit par l’exemple de Jésus Christ et de plusieurs des saints Pères, que le travail de l’esprit doit être préféré à celui du corps, d’autant plus que ce qui regarde l’âme est au-dessus des choses corporelles.

Mais nous déclarons en même temps que ce passage de la Règle doit s’entendre de ceux qui ne sont point employés aux exercices spirituels que nous venons de dire, afin qu’ils ne vivent pas dans l’oisiveté ; si ce n’est qu’ils soient légitimement occupés à servir les autres Frères, ou qu’ils soient élevés à un si haut degré d’oraison et de contemplation, qu’il ne fût pas juste de les retirer d’un si heureux exercice pour les réduire au travail des mains :

Car enfin les Frères qui s’emploient à servir ceux qui vaquent à l’étude et aux Ministères divins, quoiqu’ils ne s’y appliquent pas eux-mêmes, méritent d’être nourris avec ceux qu’ils servent, ce qui est conforme à la juste ordonnance de David ce grand Capitaine, qui voulut que les soldats qui avaient combattu et ceux qui étaient restés pour garder le bagage, partageassent également le butin.

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