Article 10
Des Bâtiments, des Ornements d’Eglise, et de quelques Offrandes qui se font aux funérailles
Comme le saint Instituteur a prétendu fonder ses Freres dans une tres grande pauvreté et dans une humilité profonde, qui ne parut pas moins par les effets que par les sentiments, ainsi qu’il est bien marqué presque dans toute la Règle.
Il est à propos que désormais ils ne fassent point faire, et ne permettent point qu’on leur fasse ni des Eglises ni autres sortes de Bâtiments où l’on put trouver de l’excès soit dans le nombre, soit dans la grandeur, eu égard à la quantité de Religieux qui doit y entrer et y demeurer.
C’est pourquoi nous voulons que désormais on se contente dans tout l’Ordre de maisons mediocres et basses; afin que ce qui parait aux yeux des hommes ne publie point le contraire de cette pauvreté si étroite qu’ils ont promise.
De plus bien que les Ornements d’Eglise et les Vases sacrés soient destinez à honorer le Nom de Dieu, pour la gloire duquel il a lui-même fait toutes choses: cependant comme il connaît ce qui est caché, il regarde plus le coeur que la main de ceux qui le servent, et il ne veut pas qu’on emploie à son service des choses qui soient opposées à la condition de ses Serviteurs.
C’est pourquoi les Freres Mineurs doivent se contenter d’Ornements et de Vases decents, de la grandeur qu’il convient et qu’il en faut: mais il n’est point du
tout de leur état de rechercher en cela ou en tout autre chose le superflu, le prix extraordinaire, ou quelque distinction curieuse telle qu’elle puisse être.
Car comme tout cela marque un soin empressé d’amasser beaucoup, il n’y a personne qui ne juge que c’est visiblement déroger au voeu d’une pauvreté tres-étroite : ainsi. Nous voulons et ordonnons que les Freres observent tout ce que nous venons de dire.