Chapitre 94
De la prière et de l’office divin
Bien qu’il eût été affligé pendant de nombreuses années par les infirmités mentionnées ci-dessus, il était néanmoins si dévot et si respectueux envers la prière et l’office divin que, lorsqu’il priait ou récitait les heures canoniales, il ne s’appuyait jamais contre un mur ou une paroi : il se tenait toujours droit et la tête découverte, parfois même à genoux. Cela d’autant plus qu’il consacrait la plus grande partie du jour et de la nuit à la prière. Même lorsqu’il voyageait à travers le monde, il s’arrêtait toujours pour réciter les heures ; et s’il montait à cheval à cause de sa maladie, il descendait toujours pour dire l’office.
Un jour, alors qu’il pleuvait très fort et qu’il était à cheval à cause de sa grande infirmité et de la nécessité, il était déjà complètement trempé. Pourtant, lorsqu’il voulut réciter les heures, il descendit de cheval et, avec une ferveur de dévotion et de révérence extraordinaire, il récita l’office debout sur le chemin, sous la pluie qui tombait continuellement sur lui, comme s’il se fût trouvé dans une église ou dans une cellule. Et il dit à son compagnon :
« Si le corps veut manger sa nourriture dans la paix et le repos, alors qu’il devient lui-même la pâture des vers, avec combien plus de paix, de respect et de dévotion l’âme doit-elle recevoir la nourriture qui est Dieu lui-même ! »