Ordre des Frères Mineurs Capucins

Chapitre 50

Comment il répondit aux frères qui lui conseillaient de demander un privilège pour pouvoir prêcher librement

Certains frères dirent au bienheureux François :

« Père, ne vois-tu pas que les évêques ne nous permettent parfois pas de prêcher et qu’ils nous font rester plusieurs jours oisifs dans un même lieu avant que nous puissions annoncer la parole du Seigneur ? Il vaudrait mieux que tu obtiennes du pape un privilège à ce sujet, pour le salut des âmes. »

Il leur répondit avec une grande sévérité :

« Vous, frères Mineurs, vous ne connaissez pas la volonté de Dieu et vous ne me permettez pas de convertir le monde entier comme Dieu le veut. Car moi, je veux d’abord convertir les prélats par la sainte humilité et le respect. Quand ils verront notre vie sainte et humble, ils vous demanderont eux-mêmes de prêcher et de convertir le peuple, et ils vous appelleront à la prédication bien mieux que vos privilèges, lesquels vous conduiront à l’orgueil.

Et si vous êtes détachés de toute avidité et que vous incitez le peuple à rendre aux églises ce qui leur est dû, ils vous demanderont d’entendre les confessions de leur peuple, bien que vous ne deviez pas vous en soucier : car s’ils sont convertis, ils trouveront bien des confesseurs.

Quant à moi, je veux ce privilège du Seigneur : ne jamais recevoir de privilège d’aucun homme, sinon celui de rendre hommage à tous et, par l’obéissance à la sainte règle, de convertir tous les hommes davantage par l’exemple que par la parole. »

0%