Chapitre 42
Comment il se procurait humblement de la viande pour les malades et les exhortait à la patience
Le bienheureux François n’avait pas honte de parcourir les lieux publics des villes pour se procurer de la viande en faveur d’un frère malade. Toutefois, il exhortait les malades à supporter patiemment leurs manques et à ne pas se scandaliser lorsque leurs besoins n’étaient pas pleinement satisfaits. C’est pourquoi il fit écrire dans la première Règle :
« Je prie mes frères de ne pas se mettre en colère ni de se troubler contre Dieu ou contre les frères durant leurs maladies, de ne pas réclamer avec trop d’insistance des remèdes ni de désirer avec excès délivrer promptement cette chair vouée à la mort, ennemie de l’âme ; mais de rendre grâce pour toutes choses et de désirer être tels que Dieu veut qu’ils soient. Car ceux que le Seigneur a prédestinés à la vie éternelle, il les instruit par les coups et les aiguillons de la maladie, comme il le dit lui-même : “Moi, ceux que j’aime, je les reprends et je les châtie.” »