Ordre des Frères Mineurs Capucins

Chapitre 38

Du Nouveau Testament qu’il fit donner à une pauvre femme, mère de deux frères

Un autre jour, alors qu’il demeurait à Sainte-Marie de la Portioncule, une vieille femme pauvre, mère de deux frères de l’Ordre, vint demander l’aumône au bienheureux François.

Aussitôt il dit au frère Pierre de Catane, alors ministre général :

« Avons-nous quelque chose à donner à notre mère ? »

Il appelait en effet mère toute mère de frère, comme mère de tous les frères. Pierre répondit :

« Dans la maison, il n’y a rien que nous puissions lui donner pour subvenir à ses besoins corporels. Dans l’église, nous n’avons qu’un seul Nouveau Testament, dans lequel nous lisons les lectures de matines. »

À cette époque, les frères n’avaient ni bréviaires ni beaucoup de psautiers. Le bienheureux François dit alors :

« Donne le Testament à notre mère pour qu’elle le vende selon sa nécessité. Je crois fermement que cela plaira davantage au Seigneur et à la bienheureuse Vierge que si nous le gardions pour le lire. »

Et il le lui donna.

On peut dire de lui ce qui est écrit du bienheureux Job :

« Dès le sein de sa mère, la compassion est sortie avec lui et a grandi en lui. »

Pour nous qui avons vécu avec lui, raconter tout ce que nous avons entendu dire de sa charité et de sa piété envers les frères et les autres pauvres, et plus encore ce que nous avons vu de nos propres yeux, serait long et très difficile à écrire ou à raconter.

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