Chapitre 14
De l’exécration de l’argent et de la manière dont il punit un frère à ce sujet
Véritable ami et imitateur du Christ, François méprisait parfaitement tout ce qui est du monde et, par-dessus tout, exécrait l’argent. Il exhortait ses frères, par la parole et par l’exemple, à le fuir comme le diable. Il leur avait été donné cette sagesse de tenir le fumier et l’argent pour un même prix d’amour.
Or il arriva qu’un jour un homme du siècle entra dans l’église de Sainte-Marie de la Portioncule pour prier et, à titre d’offrande, déposa de l’argent dans la croix. Après son départ, un frère, avec simplicité, toucha l’argent de la main et le jeta par la fenêtre. Lorsque cela fut rapporté au bienheureux François, ce frère, se voyant découvert, accourut aussitôt demander pardon et, prosterné à terre, s’offrit aux coups.
Le bienheureux François le reprit sévèrement pour avoir touché l’argent et lui ordonna de le retirer lui-même de la fenêtre avec sa bouche, de le porter hors de la clôture du lieu et de le déposer de sa propre bouche sur le fumier d’un âne. Tous ceux qui virent et entendirent cela furent saisis d’une très grande crainte, et dès lors ils méprisèrent encore davantage l’argent, comparé au fumier de l’âne, et furent chaque jour encouragés par de nouveaux exemples à le mépriser totalement.