Des beatitudes déclarées par notre Père S. François
Source: Google Books
Des pauvres d’esprit
Bienheureux les pauvres d’esprit, car le royaume des Cieux leur appartient. Il en est beaucoup qui récitent prières et offices, qui s’imposent de rudes abstinences et mortifications corporelles, mais qui se troublent et s’irritent au moindre mot qu’ils croient injurieux pour leur personne, quelle qu’en soit la forme. Ceux-là ne sont point pauvres d’esprit, car les véritables pauvres d’esprit se méprisent eux-mêmes et demeurent bienveillants envers ceux qui les offensent ou les blessent.
Des véritables pacifiques
Bienheureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu. Sont véritablement pacifiques ceux qui, en ce monde, supportent toutes choses par amour pour Notre-Seigneur Jésus-Christ, conservant la paix dans leur âme comme dans leur corps.
De la pureté du cœur
Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Sont purs de cœur ceux qui méprisent les choses terrestres et aspirent aux célestes, qui ne se lassent jamais de la prière et contemplent le Seigneur Dieu vivant et véritable avec une âme et un cœur sans tache.
De l’humilité dans les biens et les faveurs reçus
Bienheureux le serviteur qui ne s’enorgueillit ni ne se réjouit excessivement du bien que Dieu lui accorde, pas plus que de celui qu’Il accorde aux autres. Car l’homme se perd lorsqu’il cherche à prendre davantage à son prochain au lieu d’offrir ce qu’il possède au Seigneur.
Du soutien envers le prochain
Bienheureux celui qui se montre charitable envers son prochain, selon sa faiblesse et sa fragilité, et qui lui accorde le soutien et la compassion dont il a besoin.
Que tout bien doit être rapporté à Dieu
Bienheureux le serviteur qui attribue à Dieu tous les biens qu’il possède, car celui qui garde quelque chose pour lui-même détourne les richesses de son Seigneur ; et ce qu’il croit posséder lui sera retiré avec justice.
De l’humilité face aux louanges humaines
Bienheureux le serviteur qui ne s’estime pas meilleur lorsqu’il est loué, honoré ou exalté par les hommes, pas plus qu’il ne se juge inférieur lorsqu’il est méprisé et tenu pour rien ; car l’homme n’est véritablement que ce qu’il est devant Dieu, et rien de plus. Malheur au religieux que les autres élèvent aux honneurs et aux dignités, si sa volonté est pleine de vanité et de gloire, et s’il ne sait s’abaisser. Heureux, au contraire, celui qui, élevé malgré lui, désire toujours être placé au-dessous des autres.
De la sainte joie et de la vaine gloire du religieux
Bienheureux le religieux dont la joie et la consolation reposent dans les très saintes paroles et œuvres de Dieu, et qui, par cette joie, attire les hommes vers l’amour divin. Malheureux, au contraire, celui qui se complaît dans des discours vains et inutiles, entraînant les hommes vers la moquerie et le rire frivole.
De la manière de demeurer dans la grâce et le silence
Bienheureux le serviteur de Dieu qui ne parle point par désir de récompense humaine, qui ne révèle pas inconsidérément ses secrets, et qui s’exprime avec prudence et sagesse. Malheur au religieux qui ne garde pas en son cœur les dons de Dieu, qu’il ne devrait manifester que par de saintes actions, mais qui désire les faire connaître à tous dans l’espoir d’en recevoir louange et faveur. Car, ce faisant, il a déjà reçu sa récompense, et ceux qui l’écoutent en tireront peu de fruit.
Du support des corrections
Bienheureux celui qui, étant repris ou accusé, accepte la réprimande comme s’il se la faisait à lui-même. Bienheureux celui qui, réprimandé, demeure doux, obéissant et humble, confessant simplement sa faute et réparant volontiers son tort. Bienheureux celui qui ne cherche point à se justifier par des excuses, mais qui supporte humblement la honte et le reproche, même sans avoir failli. Bienheureux celui qui se montre aussi humble envers ses inférieurs qu’envers ses supérieurs. Fidèle et sage est le serviteur qui prévient le châtiment par la confession et la réparation de ses péchés.
De l’amour fraternel
Bienheureux le serviteur rempli d’amour et de bonté envers son frère, qu’il soit malade et souffrant ou sain et florissant. Heureux celui qui éprouve pour son frère la même affection sincère, qu’il soit proche ou éloigné, et qui ne dirait jamais en secret ce qu’il ne pourrait dire en sa présence.
De la foi et du respect envers les clercs
Bienheureux le serviteur qui a confiance dans les clercs vivant selon la règle de la sainte Église romaine, et malheur à celui qui les méprise. Même s’ils sont pécheurs, nul ne doit se permettre de les juger ni de les condamner, car Dieu seul se réserve ce jugement. Plus leur charge est admirable — eux qui reçoivent le très saint Corps et Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour les distribuer aux autres — plus leur faute serait grave s’ils péchaient, davantage encore que celle des autres hommes.
