Les Frères Mineurs ont été des défenseurs de l’Immaculée Conception dès le Moyen Âge
Source: Google Books
On sait la division qui régnait au moyen âge entre les deux écoles, les Dominicains et les Franciscains, au sujet de l’Immaculée-Conception.
Pour mettre fin à des débats parfois trop passionnés, le pape Benoit XI ordonna, en 1304, une discussion publique à l’Université de Paris. Duns Scot fut chargé par le Général des Frères-Mineurs, le Père Gonzalve, de représenter l’Ordre à ce tournoi d’un nouveau genre, et d’y soutenir la traditionnelle et pieuse croyance des Franciscains; et il vint dans ce but d’Oxford à Paris.
Après s’être préparé à la discussion par la retraite, le jeûne et la prière, il se rendit à l’Université. Il rencontra sur sa route une statue en marbre de la très sainte Vierge, qui décorait le portail de la Sainte-Chapelle, et la salua par ce verset de la liturgie catholique :
“Agréez que je vous loue, ô Vierge sainte, et donnez-moi la force de vaincre vos ennemis.”
La statue inclina la tête comme pour sourire au champion de Marie et soutenir son courage ; et depuis, elle garda toujours cette attitude.
Arrivé à la Sorbonne, Duns Scot se trouva en présence d’une assemblée imposante et d’adversaires dignes de lui. Les Frères-Prêcheurs développèrent deux cents arguments, qui tendaient à démontrer que la sainte Vierge était comprise dans l’arrêt de condamnation qui enveloppe toute la race humaine. Le jeune Franciscain écoutait, calme et recueilli.
Lorsqu’ils eurent fini de parler, il se leva à son tour, reprit les deux cents arguments dans le même ordre qu’ils lui avaient été proposés (ce qu’il est difficile d’expliquer sans une assistance miraculeuse de sa protectrice), et les réfuta tous avec une éloquence irrésistible.
L’Université, aussi bien que les Légats du Souverain Pontife, le couvrit de ses applaudissements, lui décerna le titre de Docteur subtil, et statua qu’à l’avenir, elle célébrerait tous les ans la fête de l’Immaculée-Conception.
Un siècle plus tard, la Sorbonne décida qu’elle ne conférerait plus le grade de Docteur, avant que le candidat n’eût prêté le serment de toujours défendre la suréminente prérogative de Marie. Mais l’heure n’était point encore venue pour le Saint-Siège de prononcer un jugement irrévocable. Il était réservé à ces derniers temps d’assister au glorieux dénoûment de cette lutte théologique.
Le 8 décembre 1854, jour d’éternelle mémoire, un pape du Tiers-Ordre séraphique, l’immortel Pie IX, posait au front de Marie le plus beau diamant de sa couronne, lorsqu’il proclamait en face du monde entier qu’elle a été, “par l’application anticipée des mérites de son Fils, préservée de la souillure originelle et conçue sans péché1.”
Comment oublier ici un détail qui fait la gloire de l’Ordre séraphique ? Au moment de la promulgation du dogme et par une insigne faveur, le Pape permettait aux deux Généraux des Frères-Mineurs de lui présenter une rose d’or et un lis d’argent : c’était la plus belle récompense dont il pût honorer le zèle de la famille franciscaine à publier les grandeurs et les privilèges de Marie.