Le pape Nicolas III publie Exiit qui seminat pour répondre aux attaques et aux calomnies (1279)
Le pape Nicolas III publia la constitution Exiit qui seminat en 1279 afin de répondre aux attaques et aux calomnies affirmant que la Règle des Frères mineurs était impossible ou illicite à observer. Son objectif était de lever toute ambiguïté concernant l’observance des conseils évangéliques et de confirmer la validité de la pauvreté pratiquée par l’Ordre, pourtant déjà approuvée par plusieurs papes auparavant, à commencer par le pape Innocent III en 1210.
Pape Nicolas III, Exiit qui seminat, 1279 : “Mais tous ces avantages n’ont pas empêché l’ancien ennemi d’employer ses artifices contre les Frères Mineurs et contre leur règle ; et même, s’efforçant de semer de l’ivraie parmi le bon grain, il a suscité, de temps en temps, des gens pleins de jalousie, d’envie, de colère, et d’un zèle indiscret ; des esprits critiques et mordants, qui se sont déchaînés contre eux et qui ont déchiré leur règle par des calomnies, publiant qu’il n’était ni permis ni possible de la garder, et qu’il était dangereux de s’y engager.” 1
Il affirme que le renoncement total à la propriété, par amour de Dieu, est une voie sainte et méritoire, enseignée et pratiquée par le Christ, puis transmise par les fondateurs de l’Église comme chemin de perfection chrétienne.
Pape Nicolas III, Exiit qui seminat, 1279 : “Nous déclarons que le renoncement à toute sorte de propriété, tant en particulier qu’en commun, fait pour l’amour de Dieu, est méritoire et saint, que Jésus-Christ l’a enseigné par ses discours et autorisé par son exemple, lorsqu’il a montré le chemin de la perfection : que les premiers fondateurs de l’Église du Christ militant l’ont puisé dans cette source sacrée, et qu’ensuite ils l’ont fait couler dans toute sa pureté, par leur vie et par leur doctrine, comme par autant de canaux, jusqu’à ceux qui veulent mener une vie parfaite.” 2
De plus, il interdit strictement toute glose ou débat sur son texte, menaçant les contrevenants d’excommunication.
Pape Nicolas III, Exiit qui seminat, 1279 : “C’est pourquoi, Nous commandons étroitement sous peine d’excommunication et de privation d’Office et de Bénéfice, que quand on la lira [la constitution Exiit], on l’explique fidèlement et à la lettre, comme elle a été donnée…
Pour ce qui est des personnes qui mettront des gloses par écrit sur cette Constitution, si elles ne sont telles que nous avons dit ; de plus, les Docteurs et les Lecteurs qui de propos délibéré en altéreront le sens, lorsqu’ils enseigneront en public ; ceux aussi qui feront des commentaires, des écritures, et des livres, et qui de propos délibéré détermineront quelque chose dans les Écoles, ou prêcheront contre les susdits Articles, ou contre une ou plusieurs des choses y comprises : qu’ils sachent tous qu’ils seront liés de la Sentence d’excommunication, que nous fulminons dès à présent contre eux, et dont ils ne pourront être absous que par le Souverain Pontife…
Que personne donc ne se donne la liberté de violer le contenu de notre présente Déclaration, Ordonnance, Concession, Règlement, Supplément, Approbation, Confirmation, Constitution ; ou d’y contrevenir par une entreprise téméraire : et si quelqu’un ose le faire ; qu’il sache qu’il encourra l’indignation de Dieu tout-Puissant et de ses Bienheureux Apôtres Saint Pierre et Saint Paul.” 3
Afin de clore tout débat futur sur l’interprétation de la règle et de la pauvreté franciscaine, le pape Nicolas III réserve au seul Saint-Siège le pouvoir de trancher les questions obscures ou litigieuses,
Pape Nicolas III, Exiit qui seminat, 1279 : “Mais si quelqu’un y trouvait des endroits obscurs ou douteux, qu’il en donne la connaissance au suprême Tribunal du saint Siège Apostolique, afin qu’en vertu de l’autorité Apostolique il fasse savoir là-dessus ses intentions ; parce que c’est à lui seul qu’il appartient de faire des règlements sur ces sortes de choses, et d’éclaircir ceux qui sont déjà faits.” 4
