Des paroles bonnes et des paroles mauvaises
Source: Google Books
Par Bienheureux Égide d’Assise (m. 1262)
Celui qui fait entendre de bonnes paroles est comme la bouche de Dieu, et celui qui en fait entendre de mauvaises est comme la bouche du diable. Quand les serviteurs de Dieu sont assemblés pour converser entre eux, ils doivent s’entretenir de la beauté des vertus, afin que les vertus leur plaisent ; car si les vertus leur plaisent, ils s’exerceront à les pratiquer, et un tel exercice les leur rendra de plus en plus aimables.
Plus un homme se sent plein de vices, plus il a besoin de parler de la vertu ; en s’entretenant souvent de la vertu, il revient plus facilement à elle, il l’embrasse plus aisément.
Mais que dirons-nous donc ? Le monde est si corrompu que nous ne pouvons ni parler en bien du bien, ni parler en mal du mal. Nous ne pouvons pas dire du bien combien il est excellent, ni du mal combien il est mauvais, c’est une chose au-dessus de notre intelligence.
Je regarde donc comme une vertu non moins grande de savoir se taire à propos que de savoir bien parler. Il me semble que l’homme devrait avoir le cou long comme une grue, afin que chacune de ses paroles passat conime à travers plusieurs nouds avant de sortir de sa bouche.
